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Quelles sont les initiatives portées par les entreprises pour favoriser la montée en compétences des jeunes professionnels du numérique ?

Plus que jamais aujourd’hui, le marché du travail est difficile pour les profils juniors. En 2024-2026, malgré un nombre élevé de jeunes diplômés ou formés aux métiers du numérique, leur insertion professionnelle reste difficile. Quelles sont les raisons de ce constat ? Quelles initiatives sont déployées par les entreprises pour faciliter le recrutement puis la montée en compétences des jeunes professionnels du numérique ? Décryptage.

Une insertion professionnelle difficile pour les jeunes

Le secteur numérique attire chaque année des milliers de jeunes, avec plus de 39 400 entrées en formation enregistrées en 2024. Pourtant, les entreprises peinent à recruter ces profils juniors, non pas par manque de candidatures, mais en raison d’un décalage criant entre les compétences acquises et celles attendues sur le terrain. 

Selon les recruteurs, 76 % d’entre eux soulignent ce décalage comme un frein majeur à l’embauche. Les jeunes sortent souvent des formations avec des connaissances théoriques, mais manquent d’expérience pratique, notamment sur des technologies clés comme la cybersécurité, la gestion des infrastructures cloud ou l’intelligence artificielle. 

Les entreprises, quant à elles, recherchent des profils opérationnels, capables de s’intégrer rapidement dans des environnements de production.

Les jeunes diplômés se heurtent également à l’augmentation des contrats précaires. En 2025, l’intérim dans le secteur IT a progressé de 8 %, reflétant une tendance des entreprises à privilégier des embauches flexibles plutôt que des CDI pour les profils juniors. Les CDD, les stages et l’alternance deviennent ainsi des portes d’entrée quasi obligatoires, mais ces contrats ne garantissent pas toujours une stabilité à court terme. De plus, la concentration des offres d’emploi dans les grandes métropoles limite les opportunités pour les jeunes peu mobiles ou attachés à leur région d’origine.

Par ailleurs, le taux de chômage des 15-29 ans, bien que légèrement en baisse, reste structurellement élevé, autour de 12,3 % en 2023 pour les jeunes ni en emploi, ni en études, ni en formation (NEET). Ce chiffre illustre les difficultés d’insertion, aggravées par des attentes salariales parfois déconnectées de la réalité du marché. Certains jeunes diplômés, formés à des technologies de pointe, ont des prétentions salariales élevées, alors que les grilles de rémunération des PME et des startups pour les postes juniors restent modestes. Cette tension entre aspirations individuelles et réalité économique complique encore leur accès à l’emploi.

Quelles sont les initiatives portées par les entreprises pour favoriser la montée en compétences des jeunes professionnels du numérique

Des initiatives multiples pour favoriser l’insertion des jeunes

Face à ces défis, les initiatives se multiplient pour favoriser l’insertion professionnelle des jeunes !

Dispositifs publics et privés

Plusieurs programmes publics et associatifs proposent des solutions concrètes et efficaces :

Le dispositif 1 jeune 1 solution est une initiative gouvernementale française lancée en 2020 pour aider les jeunes (15-30 ans) à s’insérer professionnellement, en réponse aux difficultés économiques liées à la crise sanitaire. Il a depuis été pérennisé et élargi pour soutenir l’emploi, la formation et l’autonomie des jeunes, y compris dans les secteurs porteurs comme le numérique.

Numeric’Emploi porté par Numeum est un programme national qui offre un accompagnement personnalisé (bilan de compétences, formations ciblées, mentorat) et une immersion en entreprise pour les jeunes et les personnes en reconversion. L’objectif est de doubler le nombre de participants d’ici 2025, avec un taux d’insertion dépassant 70%.

Déclics Numériques proposé par Diversidays est un dispositif gratuit et inclusif, soutenu par France Travail, qui cible les jeunes éloignés de l’emploi. Il combine formations pratiques, ateliers et mise en réseau avec des entreprises engagées, pour favoriser l’insertion dans les métiers du numérique.

Par ailleurs, les Actions de Formation en Situation de Travail (Afest) est un système de formation en entreprise, encadré par un tuteur, qui permet d’apprendre directement sur le terrain et d’acquérir des compétences concrètes. Financé par les OPCO, il affiche un taux de réussite supérieur à 80 % pour l’insertion des jeunes. 

Enfin, les aides financières à l’alternance (jusqu’à 8 000 € pour un contrat d’apprentissage dans le numérique) incitent les entreprises à former et embaucher des jeunes, tout en limitant les risques pour les employeurs (exonérations de charges sociales).

Initiatives au sein des organisations

De nombreuses innovations et idées sont déployées par les entreprises pour intégrer plus efficacement les jeunes profils et leur permettre de s’épanouir pleinement dans leurs fonctions. Ces exemples concrets illustrent comment les entreprises accompagnent les jeunes dans leur montée en compétences, tout en répondant aux besoins du secteur.

Orange a mis en place un système de parrainage pour ses alternants, avec des points mensuels entre le parrain (un salarié expérimenté) et le jeune. Le parrain aide à naviguer dans l’entreprise, à comprendre les attentes métiers et à préparer l’embauche en CDI. Les résultats sont encourageants car 70 % des alternants parrainés sont embauchés en CDI à l’issue de leur contrat.

Atos propose avec Atos Academy des parcours de formation certifiants, en présentiel ou en ligne, pour monter en compétences sur des technologies clés telles que la cybersécurité, le cloud (AWS, Azure), et l’IA. Les jeunes salariés peuvent suivre des formations en autonomie ou en présentiel, avec des certifications reconnues (ex : ISO 27001 pour la cybersécurité). Sopra Steria propose également le même accompagnement à ses salariés.

LVMH organise des hackathons internes où les jeunes talents (développeurs, data analysts) travaillent sur des projets innovants (ex : optimisation de la supply chain via l’IA, création d’outils de data visualisation). Les participants développent des compétences en collaboration, créativité et résolution de problèmes. Même initiative chez Microsoft France avec un challenge annuel où les jeunes employés et stagiaires développent des solutions IA pour des cas d’usage réels (ex : chatbots pour le service client, outils d’analyse prédictive). 

De nombreux hackathons sont également organisés dans l’Ouest de la France par des associations ou structures publiques (Shift, ADN Ouest, France Travail, Le Wagon Nantes) pour permettre aux participants de développer leur capacité de collaboration interdisciplinaire, de développer leur expérience locale ainsi que leur réseau et de démontrer leurs compétences dans un contexte professionnel et potentiellement susciter des opportunités d’embauche.

IBM et Simplon ont lancé un partenariat pour former des publics éloignés de l’emploi aux métiers du numérique. Ce programme vise à offrir des formations gratuites et intensives en développement, cybersécurité et cloud, avec un accompagnement personnalisé. Les participants, souvent issus de quartiers prioritaires ou en reconversion, bénéficient d’un accès à des certifications reconnues et d’un suivi vers l’emploi.

Les écoles supérieures et universités ne sont pas en reste et déploient des dispositifs internes pour permettre aux jeunes de mettre toutes leurs chances de leur côté une fois sur le marché du travail. Porté par l’association des anciens élèves de Centrale Nantes, ce programme met en relation étudiant·es/diplômé·es avec des mentor·es professionnels : les binômes mentor/mentoré construisent un accompagnement personnalisé (orientation, choix de carrière, conseils pour candidatures, etc.). Cette initiative permet notamment de créer un réseau professionnel dès la fin des études ou avant, en lien avec les alumni et leurs expériences terrain. 

Par ailleurs, le service universitaire d’insertion et d’orientation (SUIO) de Nantes Université propose un accompagnement individualisé qui fonctionne comme un mentorat orienté vers l’emploi : entretiens personnalisés, ateliers CV, lettre de motivation, préparation à l’entretien, coaching jeunes diplômés pour amorcer la recherche d’emploi. Ce type d’accompagnement est particulièrement utile pour les profils numériques qui doivent valoriser leurs compétences techniques auprès des recruteurs. 

A noter que de plus en plus d’universités et écoles de l’enseignement supérieur sont en recherche de soutien et d’innovation pour faciliter l’insertion professionnelle des profils juniors. C’est la raison pour laquelle un groupe de travail au sein de ADN Ouest s’est constitué pour réfléchir sur le sujet. La première rencontre a eu lieu le 13 février 2026 et d’autres sont à venir.

Des opportunités à saisir malgré les incertitudes

Malgré un contexte difficile, les perspectives ne sont pas totalement sombres. Environ 25 % des entreprises prévoient de créer des postes en CDI pour des jeunes en 2026, notamment dans des domaines porteurs comme l’intelligence artificielle et la cybersécurité.

Les jeunes qui parviendront à développer des compétences hybrides (à la fois techniques et transversales, comme la gestion de projet ou la communication) auront un avantage certain. Leur insertion professionnelle passe également par une adaptation rapide aux besoins des entreprises, une flexibilité géographique et contractuelle, et une volonté de se former en continu pour rester compétitifs.

Les dispositifs d’accompagnement existent, mais leur efficacité dépendra de la capacité des jeunes à les saisir et des entreprises à les intégrer dans leur stratégie de recrutement.